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27 mars 2010 6 27 /03 /mars /2010 14:00


    

 tropidoderus-childrenii

 



 

     Beaucoup de nos contemporains – et pas forcément les moins avertis – n’arrivent pas à comprendre comment l’œil, organe complexe, a pu se constituer de façon progressive au fil des âges alors que, d’après eux, cet organe ne peut être fonctionnel que dans sa forme définitive : comment l’évolution aurait-elle pu retenir « des organes visuels incomplets et donc fonctionnellement impropres », argumentent-ils en souriant. J’ai déjà eu l’occasion d’évoquer ce (faux) problème dans un précédent sujet (voir l’œil, organe-phare de l’évolution).

 

     De la même façon, bien des gens n’arrivent pas à saisir l’origine des morphologies végétales ou des comportements animaux en apparence extraordinaires, de ces cas que l’on appelle volontiers « des merveilles ou des miracles de la nature ». A partir de quelques exemples, je vais essayer d’expliquer pourquoi la sélection naturelle, et elle seule, est ici à prendre en compte. Il va de soi que, au-delà des quelques modèles retenus, l’approche est bien entendu partout la même.

 

 

 

Des exemples étranges mais édifiants

 

 

     Observons dans un premier temps quelques cas de comportements surprenants glanés dans la littérature éthologiste puis, dans un second temps, nous essaierons de trouver une explication à ces « merveilles de la Nature », explications qui, comme on le verra, sont pratiquement toujours les mêmes.

 

 

·         l’orchidée « trompe-insectes »


     Les orchidées ont une stratégie bien particulière pour se reproduire : elles se servent d’insectes venus se repaître de leur nectar pour les enduire de pollen qui sera alors transporté vers une autre orchidée. Sauf orchidee-trompe-abeille.jpgque l’orchidée ne possède pas de nectar et, pour attirer par exemple une guêpe, elle secrète une phéromone précise, c'est-à-dire une odeur identique à celle de la guêpe femelle. Plus encore, certaines orchidées vont jusqu’à posséder une lèvre inférieure (le labelle) identique en forme et en texture au corps de l’insecte femelle (poilue si la fleur cherche à tromper une abeille, glabre pour une guêpe). L’illusion est presque totale : certains naturalistes ont déclaré qu’il leur avait fallu se pencher de près pour s’assurer qu’il s’agissait bien d’une excroissance de l’orchidée qu’ils apercevaient et non véritablement d’une guêpe. C’est ce que l’on appelle du mimétisme. De fait, la fleur trompe vraiment l’insecte qui « croit » avoir affaire à une femelle de son espèce : il va chercher à copuler en se frottant sur l’orchidée et, ce faisant, se barbouille de pollen… qu’il ira déposer sur une autre orchidée prise là aussi, pour quelqu’un d’autre ! Cette « pseudo-copulation », une trouvaille vraiment performante de la Nature pour les orchidées, a évolué de façon indépendante sur trois continents. La question qu’on se pose immédiatement est la suivante : il paraît difficile de croire qu’un mécanisme aussi compliqué, alliant morphologie mimétique (le labelle de l’orchidée) et chimie (la phéromone trompeuse), se soit constitué progressivement : en effet, comment expliquer que la sélection naturelle – qui ne laisse subsister que les éléments favorables – ait pu permettre le maintien d’étapes intermédiaires, forcément inabouties, et, du coup, très désavantageuses pour les orchidées « incomplètes » ? Au premier abord, on pense à l’agencement d’un procédé d’emblée fonctionnel : on se retrouve donc proche du créationnisme… et loin de la réalité, comme on le verra plus tard.

 

 

·         la guêpe fouisseuse

 

     J’ai évoqué dans le sujet « indifférence de la Nature » et à la suite des travaux du formidable entomologiste que fut Jean-Henri Fabre, le comportement bien spécifique de la guêpe fouisseuse dont l’indifférence pour la douleur de ses proies peut sembler de la cruauté à un œil non averti. Fabre imagina avec cet insecte une expérience devenue classique. Il avait remarqué que lorsqu’elle revient vers son trou avec une proie qu’elle a paralysée, la guêpe fouisseuse dépose d’abord sa victime à proximité de son antre puis pénètre dans cette celle-ci afin, semble-t-il, de vérifier queguepe-fouiseuse-Sceliphron-caementarium.jpg tout y est normal et qu’il n’y a aucun danger pour elle, que, par exemple, nul intrus n’y a pénétré en son absence. C’est seulement après s’être ainsi rassurée que la guêpe tire sa victime dans le trou pour la faire dévorer vivante par ses larves. Voilà un comportement bien singulier qui pourrait démontrer une certaine forme d’intelligence. Difficile en effet de croire à première vue qu’une telle attitude ne s’est pas imposée à la guêpe en une seule fois et que ce n’est que progressivement avec le temps qu’elle y a eu recours. Fabre eut donc l’idée de déplacer de quelques cm la proie pendant l’inspection de son domicile par l’insecte. Face à ce changement et une fois ressortie, la guêpe se met normalement en quête de sa proie et la retrouve facilement. Elle la ramène donc mais, bizarrement, repart inspecter son trou comme la première fois. Une troisième tentative donnera les mêmes résultats. On pourra déplacer cinquante fois la proie, chaque fois la guêpe la retrouvera mais recommencera immuablement son manège d’inspection : tout se passe comme si, tel un programme d’ordinateur, l’attitude de l’insecte avait été « réinitialisée », l’obligeant indéfiniment à repasser par les mêmes séquences… La guêpe est facile à tromper et il n’y a ici nulle intelligence...

 

     Mais, me direz-vous, il existe peut-être une autre explication : la vue de la guêpe serait éventuellement approximative, de mauvaise qualité, ce qui guepe-fouisseuse-3.jpgexpliquerait ses « erreurs » (mais pas le soin apporté par l’orchidée déjà citée pour mimer parfaitement le corps de la femelle, on y reviendra). L’explication ne tient pas. En effet, avec le même insecte, l’éthologiste (et prix Nobel) Nicolaas Tinbergen procède de la façon suivante : après avoir repéré le trou d’une guêpe fouisseuse (ici de la variété Philantus, chasseuse d’abeilles), il attend que la guêpe soit dans sa cachette et dispose quelques repères visuels autour d’elle tels une pierre, des brindilles, etc. avant de disparaître. La guêpe sort, décrit trois ou quatre cercles comme pour visualiser mentalement le lieu et s’envole, parfois loin et longtemps, pour trouver une proie. Tinbergen déplace alors les brindilles de quelques mètres. Invariablement, à son retour, la guêpe manque son trou et plonge dans la partie du sol où, d’après ses repères, il aurait dû se trouver. L’insecte a donc une excellente vue (ainsi qu’une très bonne mémoire photographique) mais son comportement est automatique et irréfléchi. Il s’agit à l’évidence d’un comportement génétiquement acquis et il est peu vraisemblable que cela se soit fait en une fois.

 

 

·         La mouette commune


     Prenons à présent l’exemple d’un oiseau, la mouette. Pourrait-on trouver chez elle des comportements relevant d’une « intelligence » réfléchie ? Celle-ci a une réaction très caractéristique lorsqu’elle s’aperçoit qu’un de ses œufs a roulé hors du nid (qui est situé à même le sol) : elle s’étire afin d’attraper l’œuf pour le faire avancer sous son bec vers le nid. Comportement remarquable prouvant que l’oiseau, à l’instinct maternel exacerbé, est capable de comprendre que son (futur) petit est en danger ? Certainement pas puisque les éthologues ont pu montrer qu’un tel geste se produit également en présence d’un œuf de poule, d’une pelote de ficelle ou d’une canette de bière.

 

     Concernant toujours la mouette (mais les exemples foisonnent dans toutes les espèces), on sait que les jeunes mouettes mangeuses d’anchoismouette-a-bec-rouge.jpg quémandent de la nourriture à leurs parents et toujours de la même façon : en cognant avec leurs becs sur le point rouge du bec parental. Substituons une forme en carton ressemblant vaguement à une mouette adulte mais porteuse d’un point rouge : les petits cognent dessus et ouvrent leurs becs ; chez les mouettes tout se passe comme si les oisillons ne voyaient de leurs parents qu’un point rouge…

 

 

·         La dinde meurtrière


     Dans son livre « Qu’est-ce que l’évolution ? » (Hachette, collection Pluriel), Richard Dawkins rapporte une anecdote étrange concernant cette fois-ci la dinde. Cette dernière, on le sait, est féroce pour tout ce qui concerne la survie de ses petits qui, il est vrai, est parfois problématique tant les prédateurs (belettes, renards, rats, etc.) sont nombreux. La dinde a recours à un comportement très primaire mais également très efficace : elle attaque tout ce qui bouge et ne crie pas comme ses petits. Un éthologue célèbre se rendit compte un jour qu’une de ses dindes avait massacré tous ses petits. Intrigué, il se pencha sur ce problème très spécial et s’aperçut tout bêtement que la dinde en question était sourde ! Pour une dinde, voir quelque chose qui bouge, qui ressemble à ses petits, qui vient en toute confiance se protéger auprès d’elle, ne peut être qu’un ennemi si elle n’entend pas aussi les piaillements accompagnateurs de sa marmaille…

 

     Tous ces exemples, choisis parmi tant d’autres, ne sont destinés qu’à montrer qu’il n’existe pas dans la Nature (sauf chez l’Homme et certains primates) de comportements qui ne soient pas génétiquement acquis, et donc ne tombant pas sous le poids de l’évolution. J’ajoute que, bien sûr, l’apprentissage est certainement possible chez l’animal mais il s’agit alors d’un autre contexte. La construction de ces processus est par ailleurs forcément progressive, jamais aboutie du premier coup, nous en reparlerons. Je voudrais à présent terminer ce chapitre par une autre « merveille de la Nature » qui a fait souvent parler d’elle chez les créationnistes ébahis face à cette perfection, la danse des abeilles.

 

 

·         La danse des abeilles


     Karl Von Frisch qui fut avec Konrad Lorenz un des fondateurs de l’éthologie moderne rapporte qu’il fut un jour intrigué par le manège étrange d’une abeille : après avoir repéré un peu d’eau sucrée, cette abeille (que Frisch avait préalablement marquée) retourna à sa ruche pour y effectuer une « danse en rond » qui attira immédiatement l’attention de ses congénères. Tous s’envolèrent alors vers la source d’eau sucrée… On sait à présent que cette danse en rond se rapporte à des cibles situées relativement près de la ruche (une trentaine de mètres) mais que pour des distances plus importantes, il existe un autre type de communication codée appelée « danse frétillante ». Cette danse est effectuée à l’intérieur de la abeilles-danse.jpgruche, sur la face verticale du rayon, c'est-à-dire dans l’ombre, sans que les autres abeilles puissent la voir. Ce sont en fait les petits bruits cadencés accompagnant la danse qui sont perçus par les autres insectes : l’abeille informatrice effectue un parcours en huit sans cesse répété et c’est la portion rectiligne au sein de ce mouvement qui indique la direction à suivre. En réalité, les abeilles perçoivent le soleil (même caché par des nuages) grâce à la direction de la polarisation de la lumière… et transcrivent l’information dans leur petit manège. Plus encore, au moyen d’une « horloge interne », l’insecte « dansant » fait subir une rotation à la fraction rectiligne de sa danse de façon à rester en phase, au fil des heures, avec le mouvement du soleil. D’ailleurs, les abeilles de l’hémisphère sud font exactement la même chose mais en sens contraire comme il se doit ! Ce moyen de communication inné permet donc aux abeilles d’indiquer à leurs congénères non seulement la distance mais aussi la direction de l’endroit à explorer. Il s’agit d’un mode de transmission de l’information très rare chez les animaux et il est vraisemblable que, apportant un avantage évolutif certain, il a alors été retenu par la Nature. Cette découverte et les travaux s’y rapportant valurent d’ailleurs en 1973 le prix Nobel de physiologie à Von Frisch. Il semble difficile en première analyse de croire qu’un processus aussi extraordinaire et élaboré ait pu être progressivement sélectionné par l’évolution et pourtant…

 

 


 

               L’orgueil de l'Homme, encore et toujours

 

 

 

* Le temps


     Imaginons un homme vivant, disons, en 1925 qui, grâce à une machine à voyager dans le temps, serait brusquement projeté de nos jours. A part quelques inévitables différences culturelles et sociétales, cet homme, biologiquement et intellectuellement parlant, est tout à fait semblable à n’importe lequel de nos contemporains. Présentons lui, par exemple, un de ces petits organiseurs informatiques que beaucoup d’entre nous possèdent : ne serait-il pas éberlué de voir le concentré de technologie mis à sa portée ? Quoi, cette petite machine tenant dans le creux d’une main est capable d’afficher des photos ou des films pris par lui-même ou par d’autres, de restituer des musiques, de traduire des textes, de prendre etiphone.jpg rappeler des rendez-vous, de posséder une bibliothèque de plusieurs centaines de livres et, plus encore, de communiquer en temps réel avec le reste du monde par le biais d’Internet ? Notre homme de 1925 serait stupéfait, incrédule et soupçonnerait, pourquoi pas ?, quelque diablerie. Comment pourrait-il comprendre – à moins qu’on lui explique le cheminement intellectuel et industriel de la chose – qu’il s’agit d’un objet ayant été le centre de milliers d’agencements successifs, d’erreurs, d’impasses technologiques, de petites et grandes découvertes, tout cela mis bout à bout : face à l’objet fini que représente l’organiseur électronique qu’on lui présente, il se trouverait dans la même situation que le créationniste confondu par la complexité et la haute spécificité de la danse des abeilles ou du mimétisme de l’orchidée…

 

     Il existe toutefois ici deux différences fondamentales avec l’œuvre de la Nature. D’abord, la complexification technologique progressive de l’organiseur est le fruit du travail minutieux et mille fois répété des hommes : à la différence de l‘évolution, il ne s’agit pas de transformations dues au hasard et à la pression de sélection mais bel et bien d’un cheminement intellectuel et conceptuel.  Ensuite, cette (apparente) extraordinaire fabrication s’est faite en peu de temps, en quelques dizaines d’années, ce qui est normal puisque due à l’intelligence dirigée des hommes. Voilà le point sur lequel, je souhaitais insister : dans la Nature, les « objets finis » que nous observons ne se sont constitués qu’au long de millions d’années, après des millions de générations d’êtres vivants nous ayant précédés. L’évolution, la sélection naturelle, ont permis cette progression, non sans erreurs, non sans retours en arrière ou changements multiples de milieux et donc de conditions de sélection, le tout au rythme des mutations génétiques, forcément peu fréquentes pour celles qui ont été retenues. Des mutations, des aménagements qui ont été sélectionnés par l’environnement et la compétition entre les différentes espèces vivantes selon un principe immuable : le hasard qui a permis a telle ou telle mutation de s’exprimer selon les circonstances, à certaines de disparaître, à d’autres de prospérer.

  

 

* La progressivité

  

     Il faut donc du temps, beaucoup de temps pour qu’apparaisse un caractère favorable à une espèce et susceptible d’être intégré à tous ses descendants. C’est encore plus vrai pour un ensemble de caractéristiques conduisant à un organe complexe ou à l’acquisition d’une procédure ou d’un comportement. Cette acquisition se fait petit à petit, à la suite de modifications le plus souvent minimes au point qu’elles peuvent presque passer inaperçues. Oui mais, disent les créationnistes, comment expliquer les étapes intermédiaires durant lesquelles la fonction n’est pas encore apparue ; pourquoi l’évolution les retiendrait-elles puisqu’elles n’apportent rien (ou handicapent) l’individu qui en est porteur ? Tout  a forcément été créé d’un seul coup ! Eh bien les créationnistes ont tort car les étapes intermédiaires « peuvent apporter quelque chose » qui n’est pas (encore) le bénéfice d’arrivée mais suffisant néanmoins pour ne pas être éliminé et oublié. L’organe (ou le processus) incomplet a une fonction encore embryonnaire, archaïque (parfois totalement différente de celle d’arrivée) mais conférant dans tous les cas un avantage sélectif au porteur.

 

     Les orchidées primitives n’avaient pas de nectar et étaient confrontées au problème de la diffusion de leur pollen. Une modification est un jour survenue sur l’une d’entre elles qui a permis, en trompant plus facilement un insecte, de permettre à cette orchidée d’avoir plus de descendants que les autres. La compétition engagée entre les orchidées a fait s’améliorer peu à peu le « piège » qui, au départ, était loin d’être parfait et ne fonctionnait peut-être qu’avec quelques rares insectes, seulement sous certaines conditions d’éclairage, de température, etc. Ce que nous observons aujourd’hui, c’est le résultat de cette évolution, c'est-à-dire un piège bien plus élaboré… et sa complexité peut étonner des esprits peu scientifiques.

 

     Certains éthologistes contemporains de Von Frisch acceptaient bien l’idée que la danse des abeilles existait et même qu’elle pouvait contenir des indications mais ils refusaient absolument de penser que les autres abeilles étaient capables de déchiffrer, de comprendre l’information ainsi délivrée. Il fallut attendre les remarquables expériences de Jim Gould (un peu longues et complexes à décrire ici) pour apporter la preuve qu’ils se trompaient : les abeilles « comprennent » bien les indications de la danse et s’en servent ensuite pour le ravitaillement de l’ensemble de la ruche.

 

     Mais comment expliquer une telle évolution, forcément progressive ?  Cette question passionna Von Frisch qui se mit à étudier tous les insectes proches des abeilles, espérant trouver chez eux des caractéristiques anciennes. Le scientifique mit effectivement en évidence un certain nombre de caractères archaïques existant encore dans la délivrance de l’information chez de lointains cousins des abeilles : il s’agissait là de quelques unes des étapes ayant conduit aux extraordinaires ballets informatifs des abeilles d’aujourd’hui qui, par leur élégance et leur complexité, peuvent induire en erreur ceux qui ne regardent que « le produit fini » sans songer au cheminement qui a été nécessaire pour y parvenir.

 

 

* L’anthropomorphisme


     L’Homme a longtemps été comme un enfant de un an contemplant le univers-infini.jpgmonde minuscule de sa chambre et qui, au-delà de ses peluches, ne connaît que ses parents et sa nounou. Il se voit le centre d’un univers qui gravite autour de sa présence et de ses caprices. Comme il ne connaît rien d’autre, l’enfant est le centre de l’Univers dans son intégralité. Les connaissances humaines ont singulièrement progressé et nous savons qu’il existe, au-delà de notre douce Terre, un univers démesuré au sein duquel notre présence est moins que celle d’un grain de sable dans le désert du Sahara : l’Homme sort enfin de l’enfance.

 

     L’abeille voit le monde en ultra-violet et les fleurs qui cherchent à les attirer se parent de courbes et de formes qui nous sont totalement inconnues : nous discernons de façon si différente ! La guêpe croit apercevoir, dans une excroissance de l’orchidée de mieux en mieux imitée au fil du temps, la compagne qu’elle recherche mais que savons-nous des perceptions de l’insecte ? Comment comprendre ce qu’il voit ou ressent ? C’est la raison pour laquelle, nous préférons souvent la facilité qui consiste à prêter nos propres sentiments, nos propres sensations à ce monde animal si étrange. Voir les autres formes de vie à travers le prisme déformant de nos pensées et de nos préjugés s’appelle l’anthropomorphisme.

 

     Certains phénomènes naturels semblent échapper à notre compréhension immédiate : la danse des abeilles – pour reprendre cet exemple – est si ingénieuse, si complexe, si particulière qu’il est tentant d’y voir plutôt du créationnisme que la lente et laborieuse transformation d’une espèce par la sélection naturelle, bras armé de l’évolution. Cette erreur se fonde sur l’orgueil de se croire « à part », d’être le centre de l’Univers, et elle s’appuie sur l’anthropomorphisme pour tenter d’interpréter le vivant qui nous entoure. C’est un mirage qu’il faut absolument éviter : seule une approche objective permet d’y voir un peu plus clair et c’est ce que, heureusement, offre la Science.

 

 

 

 

Images

1. mimétisme : tropidoderus childrenii (sources : tpe.mimetisme.e-monsite.com)

2. orchidée trompe-abeille (sources : docroger.over-blog.com)

3 guêpe fouisseuse Scheliphron (sources : www.insectesjardins.com)

4. guêpe fouisseuse entraînant sa proie dans son nid (sources :   jsbouchard.com )

5. mouette à bec rouge (sources : flickr.com)

6. danse des abeilles (sources : tecfa.unige.ch)

7. I.Phone (sources :  syl112002.wordpress.com/)

8. l'univers, infini, hors de portée (sources : toocharger.com)

(Pour lire les légendes des illustrations, passer le pointeur de la souris dessus)

 

 

 

Mots-clés : évolution - sélection naturelle - orchidées - mimétisme - créationnisme - Jean-Henri Fabre - guêpe fouisseuse - Nicolaas Tinbergen - mouette à bec rouge - danse des abeilles - Karl Von Fritsch - hasard génétique - anthropomorphisme

(les mots en blanc renvoient à des sites d'informations complémentaires) 

 

 

 

Sujets apparentés sur le blog

 

1. l'oeil, organe-phare de l'Evolution

 

2. les mécanismes de l'Evolution

 

3. indifférence de la Nature

 

4. le rythme de l'évolution des espèces 


5. le mimétisme, une stratégie d'adaptation 


6. l'inné et l'acquis chez l'animal

 

7. parasitisme et Evolution

 

 

 

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mise à jour : 7 juin 2013

 

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Published by cepheides - dans éthologie
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commentaires

angelwords 05/11/2010


Bonsoir,
J'ai appris beaucoup en lisant tes articles
+5
Bon courage


angelwords 08/11/2010


Bonjour,
Après l’espèce humaine, que restera t'il ?


gerovital 21/11/2010


bonne pour lire l article mais ne crois pas en théorie de l évolution s il était clair qu il fait des erreurs délibérées


Le Moine : Denis le petit espiègle (Denis Tarko) 25/12/2010


À tous les Internautes :
Bonjour, j'ai un excellent traité qui s'intitule : La Théorie de l'évolution : Faut-il l'accepter? Qui est situé sur mon site : www.egliseduchristquebec.com sous l'onglet : Les Documents
Scientifiques ou sous l'onglet : Les Traités CEB sous la lettre T. Je vais tenter de coller le document ici.

LA THÉORIE DE L'ÉVOLUTION : FAUT-IL L'ACCEPTER?
«On n'ira pas vérifier ce dont on est intimement persuader, mais la remise en
question est la règle en science. »
« 1 Au commencement Dieu créa le ciel et la terre... 11 Et Dieu dit : Que la terre se
couvre de verdure, d'herbe porteuse de semence, d'arbres fruitiers donnant sur la terre
des fruits selon leur espèce... 20 Que les eaux se mettent à grouiller d'êtres vivants, et que
la terre des oiseaux volent sous l'étendue céleste... 24 Que la terre produise des êtres
vivants selon espèce, bétail, reptiles, animaux terrestres, chacun selon son espèce... 27 Et
Dieu créa à l'image de Dieu, homme et femme il les créa. » (Genèse 1.1, 11, 20, 24, 27).
« 11 Car en six jours l'Éternel a fait le ciel, la terre, la mer et tout ce qui s'y trouve »
(Exode 20.11).
L'ORIGINE ET LE RÉSUMÉ DE LA THÉORIE DE L'ÉVOLUTION PAR LA
SÉLECTION NATURELLE
« Charles Darwin (1809-1882) a publié sa théorie de l'évolution en 1859 dans le
livre, L'Origine des espèces. Il proposait que, puisque la plupart d'espèces produisent
beaucoup plus de petits que ne pourrait survivre et parvenir à la maturité, il se déclenchait
inévitablement une lutte pour la survie. Dans une telle lutte, seuls les plus forts ou les
mieux adaptés survivaient. Ces individus survivants, les mieux adaptés, transmettraient
leurs qualités supérieures à leurs petits. Darwin tira la conclusion que de nouvelles
espèces se produisent grâce à la survie et la reproduction des espèces qui sont les mieux
adaptés à chaque environnement. » (Shelly, 85)
« L'idée d'évolution (sous le nom de « transformation ») circulait déjà dans la
communauté scientifique depuis longtemps, mais Darwin est le premier à proposer un
mécanisme convaincant expliquant la transformation des espèces au cours du temps. Pour
lui, tout repose sur la « variation » au sein des espèces et sur la sélection des individus.
Qu'il s'agisse de mouches, de moutons ou d'humains, chaque individu est unique. Tous les
membres d'une même espèce diffèrent les uns des autres par des « variations » de taille,
de couleur, de résistance aux maladies ou de comportement. Dans l'environnement
naturel des animaux, certaines variations sont avantageuses, d'autres non. Certains
individus survivent et se reproduisent, d'autres non. C'est ce que Darwin a appelé
‘sélection naturelle’.
« Le concept de la sélection naturelle était le fondement du darwinisme. Cette
affirmation est même mise en évidence dans le titre du livre dans lequel Darwin expose
sa théorie : L'origine des espèces, au moyen de la sélection naturelle... Il croyait avoir
trouvé un mécanisme pour expliquer, sans avoir recours à l'idée de Dieu, l'origine de
toutes les espèces de vie terrestre.
« La sélection naturelle se fonde sur l'hypothèse que dans la nature il existe une
lutte permanente pour la survie. Les plus forts, ceux qui s'adaptent aux conditions
naturelles, arrivent à survivre. Par exemple, pour une horde de cerfs menacée par des
22
prédateurs, ceux qui sont les plus rapides parviendront à survivre. La horde de cerfs ne
sera composée en fin de compte que des bêtes les plus rapides. »
(www.findudarwinisme.com)
« Les évolutionnistes citent la girafe, aussi, comme un exemple qui démontre
l'action du principe de la survie des plus adaptés qui fut popularisé par Darwin. Les
girafes mangent les feuilles d'arbres. À un moment dans le passé lointain, selon
l'évolutionniste, à cause de sécheresses sévères et répétées, les feuilles les plus basses
devinrent très clairsemées; elles furent toutes mangées ou moururent. À cause de cette
catastrophe, seules les girafes ayant les cous les plus longs survécurent. Les girafes au
cou long se reproduisirent ensemble et passèrent à leur progéniture ce trait – un cou très
long. Ainsi, de nos jours, nous avons la girafe qui nous est familière. Toutes les girafes au
cou court moururent de faim. » (Shelly, 85, 86).
Les exemples du cerf et de la girafe sont valables pour toutes les espèces. Quelle
que soit la population concernée, la sélection naturelle est censé éliminer les plus faibles
ou ceux qui sont incapables de s'adapter aux conditions changeantes de leur habitat. Cela
ne produit pas, pourtant, de nouvelles espèces, de nouvelles informations génétiques ou
de nouveaux organes. Ce qui signifie que la sélection naturelle ne suffit pas pour qu'une
espèce évolue. Darwin aussi acceptait ce fait, déclarant que « la sélection naturelle ne
peut rien jusqu'à ce qu'il se présente des différences ou des variations individuelles
favorables. » * C'est ce qui a poussé le néo-darwinisme à ajouter au concept de sélection
naturelle, le mécanisme de la mutation comme facteur d'altération de l'information
génétique. (* Charles Darwin, The Origin of Species by Means of Natural Selection, The
Modern Library, New York, p. 127.)
LA MACRO-ÉVOLUTION V. LA MIRCO-ÉVOLUTION
Personne ne conteste le fait que ce qu'on appelle communément la « microévolution
» (la variation au sein d'un type d'organisme), causée par la sélection naturelle,
a lieu, et pourrait être responsable du grand nombre d'espèces au sein d'un type. Presque
toutes les prétendues preuves de l'évolution (tels que « les pinsons de Darwin » et les
bactéries qui deviennent résistantes aux antibiotiques) sont de cette catégorie. Nous
voyons d'énormes différences entre les plus de 300 races de chiens, depuis le tout petit
chihuahua et les très grands bergers allemands ou saints-bernards. Ces races ont été
produites par la reproduction sélective opérée par des hommes. Il est important de
souligner, pourtant, que « micro-évolution » ne convient pas comme appellation, car il
suggère qu'un « peu » d'évolution a eu lieu. Il s'agit simplement d'accentuer par rapport
aux autres tel ou tel trait déjà existant.
Quant à la macro-évolution, il y a bien des scientifiques qui ne la reconnaissent
pas comme une réalité. La mutation jointe à la sélection naturelle n'a pas réellement le
potentiel de produire de changement à grande échelle d'un type d'organisme qui se
transforme en un autre, la prétendue « macro-évolution ». Il n'y a absolument aucun cas,
par exemple, d'une transition d'un phylum (embranchement) à un autre. Les partisans de
Darwin reconnaissent ceci comme une question pour la recherche. D'autres, tels que
33
Benton et Behe, sont allés plus loin et ont écrit des livres qui fournissent les données
incontournables qui montrent scientifiquement pourquoi de telles transitions sont
impossibles. Leurs observations ne semblent pas, pourtant, bien connues en dehors des
milieux spécialisés dans l'étude des origines.
Dans l'étude présente, nous employons le terme « évolution » presque toujours
pour nous référer à la macro-évolution.
LES CONSÉQUENCES POUR LA FOI EN DIEU ET À LA BIBLE
Si la théorie de Darwin ou l'une des nombreuses révisions de sa théorie étaient
vraies, quel serait l'impact sur la foi en Dieu et en la Bible?
Il est vrai que de nombreux croyants essaient de concilier la théories darwinienne
et la foi en Dieu. On les appelle parfois des « évolutionnistes théistes ». Ils acceptent
l'idée que la vie sur terre a commencé comme un organisme d'une seule cellule (ou même
une forme de vie encore plus simple et primitive) et qu'elle a évolué lentement sur la terre
depuis des milliards d'années. Le résultat de ce processus serait la variété infinie de
plantes de d'animaux que nous voyons aujourd'hui, y compris les êtres humains. Mais les
évolutionnistes théistes maintiennent que ce processus, loin d'être aveugle et aléatoire, fut
guidé par Dieu. Ils affirment que Dieu créa toutes les formes de vie sur la terre, mais qu'il
se servit du processus de l'évolution pour les créer. Ils traitent le récit de la création dans
le livre de Genèse comme de la mythologie, comme des paraboles à ne pas prendre au
pied de la lettre. Certains interprètent les six jours de la création en Genèse 1 comme
étant six ères géologiques, chacune ayant une durée de plusieurs millions d'années.
Nombreux sont ceux qui ne sont pas satisfaits par une telle approche. Ils ont la
nette impression que Jésus et ses apôtres croyaient que Adam et Ève, Énoch, Noé et
d'autres personnages mentionnés dans les premiers chapitres de la Genèse avaient
réellement vécu (voir, par exemple, Matthieu 19. 3-6; Romains 5. 12-21; 1 Timothée 2.
12-14; 1 Pierre 1. 20). Ils se demandent pourquoi, si l'on doit renoncer à l'action
miraculeuse de Dieu dans la création, on croirait à d'autres miracles racontés dans les
pages de la Bible, y compris la naissance de Jésus d'une vierge et sa résurrection d'entre
les morts. Ils remarquent que la Bible insi


hauteur idéale 29/10/2013

Très longue analyse je trouve. Le monde évolue et la vie avec, si on était resté à la même vie qu’en 1925 je ne pense pas que l’espèce humaine ait pu survivre jusqu’à 2000. Enfin, de mon opinion,
je pense que l’évolution est une étape qu’on ne peut pas éviter.

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