Partager l'article ! ARRET SUR IMAGE : médecine et biologie (commentaires choisis): Pour le trentième article du blog, il me paraît j ...
Pour le trentième article du blog, il me paraît judicieux de revenir sur les commentaires les plus
intéressants parus au fil des jours. Au delà de la simple information, quelquefois passé inaperçue, ils pourront peut-être permettre d'approfondir certaines idées... Aujourd'hui
: médecine et biologie.
Bonne lecture.
Article : l’homéopathie
Sujet : balnéothérapie
Le 19 février 2008 (par plume)
Je ne suis pas d'accord avec toi quand tu mets la balnéothérapie dans les médecines douces... Je suis kiné, et la balnéothérapie est une méthode de rééducation très efficace, et je ne la classifierais pas de "médecine douce", surtout avec la définition des médecines douces que tu donnes. D'autre part, et dans un contexte très personnel, mon père est lui aussi médecin, et... paraplégique... Il a eu droit à un long séjour à Garches, puis à de très nombreuses séances de kiné, dont la plupart en piscine. C'est grâce à ces séances qu'il a pu marcher (avec cannes) durant de très nombreuses années... Maintenant, avec l'âge, c'est sûr que c'est fauteuil.... Mais il a eu son accident à 31 ans, et il a marché pendant plus de 40 ans... Alors, la balnéo, sensée soigner? Je dis oui !!! Guérir, non, mais soigner, oui !! Et d'ailleurs, la médecine traditionnelle guérit-elle tout ? Est ce que tu ne ferais pas l'amalgame entre thalassothérapie et balnéothérapie ???
Réponse (par cepheides)
Loin de moi l'idée de prétendre que la balnéothérapie n'est pas susceptible d'améliorer l'état de certains malades ! Je pense que, comme toujours, lorsqu'on veut situer un problème, on est forcément réducteur et c'est sans doute ce que j'ai été dans l'introduction de mon sujet. Ce que je voulais dire, c'est que certaines techniques sont parfois utilisées à contre-emploi : la balnéothérapie est l'une d'entre elles. Quand la bonne indication est posée (le cas de ton père, par exemple), la méthode est très utile, voire même indispensable. En revanche, j'ai été confronté à certains cas où elle était illusoire : je pense à l'un de mes malades que l'on avait convaincu d'abandonner la chimiothérapie pour son cancer du colon afin de la remplacer par diverses approches, dont la balnéothérapie. Il s'agit en pareil cas d'un abus manifeste qui ne remet pas en cause l'intérêt de la méthode mais la qualité de la prescription. L'homéopathie - dont je critique dans cet article l'absence de preuves thérapeutiques tangibles - peut avoir son intérêt dans certaines situations (effet placébo) et il m'arrive de la conseiller à quelques uns de mes patients. La balnéothérapie, elle, a plus qu'un effet placébo puisqu'elle permet la rééducation de certaines pathologies, j'en suis bien d'accord. D'où la nécessité d'une bonne indication. Cela dit, je comprends qu'une confusion puisse se faire et je me propose de préciser mon texte en ajoutant "toutes à risque quand elles sont utilisées hors de leurs possibilités". Quant à la médecine dite traditionnelle, on sait bien que nombre d'affections sont hors d'atteinte pour elle mais il s'agit là d'un autre problème.
Réponse (par plume)
Vu sous cet angle, je suis d'accord... C'est vrai qu'il y a des dérives... Et c'est vrai aussi que des charlatans proposent des méthodes qui entraînent ces dérives, voire même le
décès de patients... Il y a encore eu, il y a peu, un reportage sur un magnétiseur ou je ne sais quoi qui a incité une dame atteinte d'un cancer de ne suivre que ses séances, en abandonnant tout
traitement... Elle en est décédée... Mais ça n'empêche pas les gens d'aller le voir, et même d'y retourner... Et ce mec ne peut pas être poursuivi....
Grrrr !!!! Mais ceci est un autre débat, effectivement...
Nous, on a les esthéticiennes qui font des massages... Sachant que le massage n'est pas toujours indiqué...
Excuse mon coup de gueule... Je suis comme ça... Un peu impulsive... Mais là, ça a touché un point sensible...
Le 15 février 2008 (par amazinghorse21)
Que dire de plus , sinon que pour mon cas perso, j'ai été souvent soigné par des traitements homéopathiques sur des cas grippaux, et l'efficacité s'est révélée rapide. Je pense que le cas du patient sain (qui ne fume pas, ne boit pas et a une vie bien réglée ) permet à ce type de médecine de réussir. Même si les doses infinitésimales semblent être obsolètes aux yeux de praticiens classiques, chaque organisme est différent et la réaction favorable à ces granules, semble être une preuve que la médecine ne doit pas uniquement se diriger sur du traitement médicamenteux standard …
Réponse (par cepheides)
Comme je l'ai signalé dans le sujet, le problème de l'homéopathie est son évaluation qui semble difficile. Pour ma part,
j'ai déjà expliqué dans un post précédent qu'il m'arrivait de recommander cette méthode à certains de mes patients (je suis médecin) à la condition que le cas visé ne soit pas trop grave : ce qui
compte avant tout, c'est que les malades soient satisfaits et certains le sont indéniablement. Il n'empêche que l'on n'arrive pas à savoir comment fonctionne cette approche thérapeutique, ce qui
est ennuyeux à une époque où tous les médicaments sont hypercontrôlés tant du point de vue de leur mode d'action que de celui de leurs éventuels effets secondaires. Peut-être arriverons-nous un
jour à satisfaire tous les intervenants en proposant une évaluation fiable et acceptée par tous...
le 14 novembre 2007 (par carême-prenant)
Intéressant et surtout porteur d'interrogations. Je lisais l'autre jour les résultats d'un sondage organisé par un site (l'Internaute) qui avait demandé à ses lecteurs s'ils étaient
effrayés par le clonage de l'être humain et j'ai été surpris : près de 50% des gens disaient que ça ferait avancer la science et près de 20% d'autres qu'ils n'étaient pas du tout hostile au
clonage humain. Si je calcule bien, cela fait près de 70% des gens qui pensent que le recours au clonage se défend si on en tire bénéfice. Bon, je sais qu'il s'agit d'un sondage "gadget" qui
n'a pas la rigueur des professionnels mais quand même sur près de 3000 votants. Alors, peut-être est-ce le moment de dépoussiérer nos
conceptions éthiques, surtout à un moment où, dans le monde occidental, les religions reculent enfin (parce qu'on ne me
fera pas croire que les Évangélistes et consorts...). Qu'en pensez-vous ?
Réponse (par
cepheides)
Je pense comme vous qu'il est peut-être
possible (en tout cas dans le monde occidental) de dépasser les interdits religieux et/ou
philosophiques sur les questions touchant à l'avenir de l'Homme.
Il est vrai que tout ce qui concerne la fécondation in vitro et la recherche génétique a pour certains de nos contemporains des
"relents de soufre" et il faudra bien expliquer les avantages pour la médecine (et donc pour l'humanité) à poursuivre et
amplifier les travaux dans ce domaine. Mais, de la même manière qu'il ne faut certainement pas sacrifier l'avenir de notre planète aux intérêts particuliers de
certains (je pense aux problèmes énergétiques), il ne faut pas non plus permettre n'importe quoi dans
le domaine des cellules-souches et du clonage (je pense d'ailleurs plus aux intérêts mercantiles de certaines sociétés de recherche qu'aux risques réels de dérapage). Il existe
certainement un consensus dans la communauté scientifique sur ce qu'on peut faire ou ne pas faire : le problème est que les intérêts politiques des uns et
des autres sont trop souvent présents en première ligne. Pour résumer
:
avoir l'esprit ouvert mais rester vigilant !
Sujet : ravages potentiels de la grippe aviaire « modifiée »
Le 8 mars 2008 (par Henri L.)
J'aimerais savoir si on a une estimation du nombre de victimes que pourrait entraîner une épidémie par la grippe aviaire "modifiée" pour l'homme. J'imagine que, puisque un plan d'action semble entrepris par les pouvoirs publics (c'est ce que vous nous dîtes), ces chiffres ont dû être étudiés...
Réponse (par
cepheides)
Difficile de répondre à votre question car le nombre potentiel des victimes dépend de la virulence de la
souche responsable. En tout état de cause, il risque d'être élevé, un peu comme pour la
grippe espagnole de 1918, l'augmentation considérable des mouvements de population actuels étant un facteur aggravant. Pour la France seule, on estime
généralement que, avant qu'un vaccin efficace ne soit disponible, des millions de personnes seraient touchées dont
environ 300 000 pourraient mourir de l'épidémie. Il ne s'agit que d'une estimation, plutôt basse qui plus est. En fait, ce serait un
véritable cataclysme (qu'on se souvienne de l'émoi causé par la surmortalité due à la canicule de 2003 qui ne touchait qu'une seule tranche
d'âge). Les mesures d'isolement prévues seraient (j'emploie le conditionnel car on ne sait pas grand
chose) à la hauteur de l'événement : arrêt des transports en commun, fermeture de tous les
lieux publics comme cinémas, restaurants voire écoles, grandes surfaces d'alimentation, etc.
Espérons que nous ne seront pas obligés d'en venir la !
Sujet : menace du choléra
Le 10 mars 2008 (par carême-prenant)
Tu ne nous parles jamais du choléra qui reste présent dans une partie du monde. N'est-ce pas aussi une menace ?
Réponse (par cepheides)
Le choléra est certainement encore une menace,
surtout dans le tiers-monde, mais il s'agit d'une affection à souches bactériennes (le vibrion
cholérique) contre lesquelles, comme je le précise dans l'article, nous sommes
relativement mieux armés. Il existe d'ailleurs toute une panoplie de bactéries susceptibles d'entraîner des épidémies, surtout en milieu
défavorisé, mais en dresser une liste plus ou moins exhaustive n'apporte rien de plus. Le problème vient certainement des virus contre
lesquels nous ne possédons pas vraiment de molécules immédiatement efficaces (le vaccin, oui, mais il faut le
faire) et on découvre de nouveaux virus presque chaque jour...
Sujet : origine humaine
des nouvelles pandémies virales ?
Le 11 mars 2008 (par serge)
Bien souvent, l'ayant vu dans des fictions, on se pose la question de savoir si les virus nouveaux
ne sont pas issus de recherches laborantines; et si quelquefois ils ne seraient pas répandus afin de déstabiliser le monde. Les lobbies pharmaceutiques auraient alors un intérêt financier
inévitable.
Je vois actuellement le problème
avec la vaccination des bovins de ma région qui sont sujets à la maladie de la langue bleue. Ca va rapporter un sacré capital à ceux qui fabriquent les doses.
Réponse (par cepheides)
Pour ma part (j'ai travaillé plus de 15 ans dans l'industrie pharmaceutique), je ne crois pas que les labos aient intérêt à provoquer des maladies qui se révéleraient vite incontrôlables : ce domaine est particulièrement surveillé par les Pouvoirs publics et, de plus, les centres de recherche des labos s'occupent de trouver de nouveaux médicaments ce qui est une toute autre affaire. Peut-on imaginer qu'une souche étudiée dans un centre de recherche (de l'industrie ou non) puisse "s'échapper" ? Le risque zéro n'existant pas, c'est toujours possible mais très peu vraisemblable : il faut voir les précautions prises pour les études en ce domaine, études d'ailleurs fortement encadrées. A mon sens, le risque est à peu près le même que celui de voir le cœur d'une centrale nucléaire entrer en fusion, c'est à dire voisin de zéro (en tout cas, dans les pays développés).
Quant à la thèse
de la "conspiration" avec diffusion d'un virus pour détruire telle ou telle structure ennemie, je n'y crois pas du tout : les éventuels
apprentis sorciers savent bien que le retour de flamme serait pour eux (il y a ici une dissuasion identique à celle du feu
nucléaire). Un groupe terroriste fanatique ? Il en aurait peut-être l'envie mais certainement pas
les moyens. Je pense que cette thèse provient des premiers temps du SIDA où on avait accusé je ne sais quelle officine secrète
américaine (CIA ? NSA ?)
de l'avoir fabriqué, peut-être par accident, mais on sait
aujourd'hui qu'il s'agissait d'une désinformation émanant du KGB de l'époque. Je crois, quant à moi, que la Nature a suffisamment de
ressources en ce domaine sans avoir besoin de notre aide...
Sujet : précautions à prendre en cas d'épidémie de grippe "modifiée" ?
Le 13 mars 2008 (par
didi)
Je vais poser une question très délicate mais quelles mesures devrait-on prendre si le nombre de personnes infectées par des virus, qui se propagent très facilement (tel que la peste pulmonaire), dépassait la possibilités de quarantaine ?
Réponse (par cepheides)
Votre question
est effectivement délicate car j'ai bien peur qu'il n' y ait pas vraiment de parade en l'absence de vaccin... à moins de décider de vivre dans l'isolement le plus
total, sans contact aucun avec les autres... La maladie se transmettant par voie aérienne, les premiers gestes à faire sont 1. de se laver les
mains le plus souvent possible, surtout après contact avec les autres, et 2. de porter un masque en
permanence. Seulement voilà
:
on ne peut pas porter un masque tout le temps chez soi (de plus, il faut en changer
souvent) et il suffit qu'un membre de la famille.... Dès les premiers symptômes - à moins que ce ne
soit initié par les autorités en cas de localisation épidémique -
il faut se protéger (?) en prenant les
antiviraux de type Tamiflu auxquels je fais allusion dans l'article.
L'isolement des porteurs n'est possible que dans un premier temps, quand l'épidémie est encore sous
contrôle : cela ne fait que reculer l'échéance mais c'est déjà ça de gagner dans l'attente du vaccin ! Ensuite,
les mesures d'éviction ne peuvent que comprendre les lieux à risque comme les transports en commun, les lieux de réunion
et, d'une manière générale, tous les endroits où les foules se réunissent et il y
en a beaucoup ! On prétend que le "plan rouge" du gouvernement comprend la fermeture des écoles, des lieux de loisirs, des
restaurants, des grandes surfaces, etc. Bref,
une certaine sécurité au dépens d'un quasi arrêt de la vie économique. Est-ce vraiment réalisable ? J'ajoute
que, en haut lieu,
la menace est prise avec suffisamment de sérieux pour que, par exemple, en tant que
médecin, on m'ait demandé de cotiser pour une caisse spéciale destinée à venir en aide... aux familles de médecins morts de l'épidémie en
soignant les gens : ce n'est pas rassurant ! Avant le vaccin, l'épidémie risque de
faire plusieurs centaines de milliers de morts rien qu'en France et des dizaines de millions sur l'ensemble du globe : pourvu que la maladie ne se déclare pas
!
Sujet : transmission des infections par l'eau
Le 14 mars 2008 (par O.D.)
Il semble que
l'eau comme agent transmissible soit oublié, tant pour la transmission passée ou actuelle des germes. Il y a quelques milliers d'années les civilisations se
sont installées près des grands fleuves comme l'Indus ou le Nil.
Il est évident que tout germe dans l'eau en amont était transmis en aval.
Aujourd'hui on distingue deux sortes de
pays, ceux comme le notre où on peut boire l'eau du robinet et ceux où ce n'est pas possible. Dans cette deuxième catégorie, quand l'eau est
rare, il y a un véritable bouillon de culture. Il y a lieu de rappeler que les germes se reproduisent beaucoup plus rapidement que les animaux avec
donc des possibilités plus grandes ou plus rapides d'évolution et donc de mutations, ce qui explique l'apparition de maladies
nouvelles.
Il faut en outre
signaler que en contrepartie de l'apparition de maladies nouvelles certaines ont disparu, comme la variole grâce aux efforts de vaccination et
de prophylaxie.
Réponse (par cepheides)
Vos remarques sont tout à fait pertinentes. J'ai expliqué que le point de départ de ces
pathologies infectieuses étaient probablement des zoonoses mais il va de soi que l'eau est un excellent vecteur de transmission d'où les épidémies qui s'ensuivent, avec ou sans
mutations. Vous faites bien de rappeler que certaines maladies comme la variole ont été totalement éradiquées : le problème ici est
la diffusion - et l'impact -
d'une nouvelle infection virale AVANT que n'existe un vaccin. Une fois le virus responsable identifié et qu'un
vaccin efficace est disponible, le problème est complètement différent et relativement sous contrôle (à moins que le virus ne mute comme le VIH ce qui,
ici, est peu probable). Notre problème, ce sont les 3 à 6 mois avant le vaccin...
(suite des commentaires sur la médecine et la biologie dans l'article
suivant)
blog "petites tranches de vie médicale"
(quelques souvenirs se rapportant à la pratique médicale)
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