les ères géologiques
Pour
la Vie, sur notre planète, ce ne fut pas un long fleuve tranquille. Au long des milliards d'années qui la séparent de ses origines, elle aura eu bien du mal à s'accrocher car nombre d'événements
cataclysmiques auraient pu définitivement la détruire. Le hasard a néanmoins permis (d'autres diront la « chance ») qu'elle ne disparaisse pas. Jamais, en effet, elle n'aura été aussi menacée que
lors des extinctions massives d'espèces qui ont parsemé les temps géologiques.
Rappelons tout d'abord ce que l'on nomme communément une « espèce » : c'est l'ensemble des populations capables de se reproduire entre elles. A partir du moment où des êtres
vivants, même très proches d'apparence, ne peuvent plus donner de descendants susceptibles d'être féconds, on dit qu'ils appartiennent à deux espèces différentes. En systématique qui est la
science du dénombrement et du classement des différentes lignées d'être vivants, l'espèce est l'unité de base (on parle alors de taxon).
L'extinction d'une seule espèce est un drame pour la biodiversité. Elle se produit lorsque son dernier représentant a
disparu mais elle est prévisible bien avant, lorsque l'espèce n'est plus représentée que par un nombre insuffisant d'individus devenus incapables, pour de multiples raisons, de se reproduire : il
s'agit le plus souvent d'un phénomène progressif, plus ou moins rapide. On sait bien, surtout actuellement avec la domination sans partage des humains qui transforment la planète selon leur bon
plaisir, qu'il existe nombre d'espèces, animales et végétales, menacées. Toutefois, il a existé des moments de la vie de la Terre où un nombre considérable d'espèces ont disparu de manière
concomitante : il s'agit des extinctions de masse.
Les extinctions dites « de masse »
On estime que
plus de 99% des espèces ayant un jour vécu sur Terre ont à
présent disparu. Certaines de ces disparitions
sont en rapport avec la sélection naturelle qui a permis le remplacement d'espèces par d'autres mais ce n'est pas la seule explication. En effet, à certains moments de l'histoire terrestre, des
cataclysmes, difficiles à documenter, ont conduit à la disparition - en même temps - de catégories entières d'espèces vivantes : c'est ce phénomène que l'on appelle extinctions de masse et,
pour une fois, l'Homme n'en a pas été le responsable. On reconnaît actuellement cinq extinctions principales qui, toutes, à des degrés divers, ont failli faire disparaître totalement la Vie sur
Terre.
Quand ont-elles eu lieu ?
a. à l'ordovicien pour la plus ancienne, vers -440 millions d'années (Ma), époque qui est la deuxième
du paléozoïque ou ancienne ère primaire. Pour mémoire, rappelons que la première période de ce paléozoïque était le cambrien,
celle-là même qui a vu « l'explosion de la Vie » (voir sujet le schiste de Burgess). Un peu moins de la moitié de tous les organismes marins disparaissent à
l'ordovicien et les fameux trilobites (voir sujet évolution et créationnisme) qui ont laissé de nombreux fossiles regroupant plus de 10 000 espèces
différentes, sont presque totalement détruits : ils arriveront pourtant à surmonter la crise, en tout cas temporairement.
b. au dévonien vers -367 Ma, une époque qui a connu un effet de serre
important au point qu'on l'a appelée le temps des fougères. Sur Terre, il existe, outre les algues et les bactéries présentes depuis longtemps, des plantes primitives, notamment les
fougères géantes aux
troncs aussi épais que ceux d'un arbre, dans lesquelles vivent des arthropodes comme les scorpions mais c'est en mer qu'une immense barrière de récifs érigés par des algues calcaires
retient l'attention. Ce sont ces récifs qui vont disparaître lors de cette extinction avec une grande partie des poissons de mer (les poissons d'eau douces semblent avoir été moins touchés). Les
trilobites perdent encore une grande partie de leurs représentants. On estime que plus de 70% des espèces vivantes ont été détruites à cette époque.
c. au permien vers -245 Ma : à cette période les surfaces émergées de la Terre sont représentées par un supercontinent, la
Pangée, entourée par un océan unique. La vie sur ce continent,
probablement parsemé de grands déserts, comprend, pour les plantes, des gymnospermes (dont les éléments reproducteurs sont protégés
par des capsules), des fougères et les premiers arbres, essentiellement des conifères. Les amphibiens, les arthropodes et les ancêtres des
grands reptiles du secondaire constituent l'essentiel des espèces animales. La vie marine est également bien représentée mais les derniers trilobites ont déjà commencé à disparaître. C'est à ce
moment que survient la plus grande des extinctions de masse qui touche près de 95% de la
faune marine et pas loin de 70% de la faune terrestre.
d. à la fin du trias vers -208 Ma : nous sommes à présent au mésozoïque (ancienne ère secondaire) qui a débuté, on vient
de le voir, par la plus grande extinction de masse de l'histoire. A partir de cette date et pendant environ 150
millions d'années, la vie va reprendre et se diversifier à nouveau. Dans la mer, les récifs vont revenir et ce sont les
coraux dits
modernes qui se taillent la part du lion. Ailleurs, toutefois, les ammonites
qui furent durement touchés au cours de l'extinction permienne, pullulent à nouveau à partir de la seule lignée survivante tandis
que les poissons, peu atteints par l'extinction, se développent. Les reptiles marins profitent également de l'espace libéré pour représenter des formes géantes à la fin du trias. Sur Terre, la
vie poursuit sa progression, notamment la flore avec les conifères, les plantes à graines, les ginkphyta (dont le Ginko biloba est le dernier représentant actuel), etc. Les reptiles s'adaptent assez bien
tandis que les premiers ancêtres des mammifères apparaissent. Nouvelle extinction massive à la fin de cette période touchant principalement certains groupes comme les nautiles et les
ammonites mais elle
est moins importante que la précédente.
e. à la fin du crétacé vers - 66 Ma : c'est l'extinction la mieux connue et probablement aussi la mieux étudiée avec la disparition
des grands sauriens. Le supercontinent précédent s'est scindé en plusieurs morceaux qui donneront les continents actuels. Durant
cette période qui s'étend sur environ 70 millions d'années, on se rapproche de l'époque moderne avec une transformation de la flore qui, encore très jurassique au début (le jurassique est la période précédente), voit naître les premiers représentants des arbres modernes
(figuiers, magnolias, etc.) tandis que les plantes à fleurs sont bien représentées.
Sur Terre, c'est donc l'ère des dinosaures qui règnent sans partage tandis que les mammifères,
tous très petits, n'ont que peu d'importance dans l'écologie locale. En mer, les poissons presque modernes se sont multipliés (ce qui permet
l'apparition des premiers grands sauriens prédateurs) tandis que d'autres animaux comme, par exemple, les requins, sont bien adaptés à ce milieu. Dans l'air, les
reptiles volants comme les ptérosaures sont en compétition avec les oiseaux. C'est dans ce milieu apparemment stable que va
survenir la grande extinction dite K-T ou crétacé-tertiaire, délimitant les ères
secondaire et tertiaire (la classification actuelle à fusionné les ères tertiaire et quaternaire regroupées sous le nom de cénozoïque). Assez brutalement, les dinosaures vont disparaître laissant la voie libre à l'expansion des mammifères ; en
mer, les nautiles et les ammonites sont anéantis ainsi que tous les reptiles marins (à l'exception des crocodiles et des tortues). Schématiquement ne survivent en définitive que les petits
mammifères, les oiseaux, les poissons, les plantes terrestres et quelques coraux.
Quelles en sont les causes ?
De nombreuses hypothèses ont été avancées et aucune (à part, peut-être, la dernière, au crétacé-tertiaire mais on y
reviendra) n'a jusqu'à présent véritablement emporté la conviction. On s'accorde toutefois pour dire qu'il s'agit presque forcément de causes très générales. Les premières qui viennent à l'esprit
sont évidemment des événements « extérieurs », c'est à dire des causes purement physiques, mais on peut aussi invoquer des causes liées à la vie elle-même
(biologiques).
a. causes
physiques : pour faire bref, on ne retiendra ici que les principales, à savoir :
* des variations
climatiques : elles peuvent être dues à un phénomène de volcanisme extrême. C'est le cas à la fin du permien (2.c) avec l'apparition des
« trapps de Sibérie » (voir glossaire). Il faut se rappeler que, à cette période, il
n'existe qu'un seul supercontinent, la Pangée. Dès lors, tous les systèmes écologiques sont en contact et un cataclysme important a la possibilité de les
toucher tous à la fois. Ca a
peut-être été le cas avec cette extraordinaire éruption volcanique qui, en peu de temps (moins d'1 million d'années), va déposer une épaisseur de laves de près de 4 km d'épaisseur sur une surface
grande comme les 2/3 de la France. L'émission de gaz toxiques en grande quantité, des pluies acides dévastant la végétation, un obscurcissement fréquent dû aux fumées ne peuvent pas ne pas avoir
eu de conséquences. L'effet de serre résultant a dû être intense mais jusqu'à quel point a-t-il été nocif et fut-il suffisant pour expliquer la disparition de 95% des espèces présentes ? Ou bien
s'agit-il d'un autre phénomène tel qu'une variation de la salinité de l'océan qui aurait affecté les organismes marins et par contrecoup toute la chaîne alimentaire ? Ou bien encore plusieurs
causes à la fois ? La solution de l'énigme n'est pas très claire et les recherches actuelles n'ont pas encore tranché.
* des modifications du niveau de la
mer : elles peuvent être la conséquence, outre de phénomènes volcaniques intenses, d'un mouvement des plaques tectoniques ou d'une glaciation
rapide. Par exemple, c'est cette dernière hypothèse qui a souvent été avancée pour l'extinction de l'ordovicien (2.a) : les plateaux continentaux, immenses à cette époque, abritent, au sein de
mers péricontinentales, la majorité des êtres vivants de telle manière qu'une baisse du niveau des mers suite à un refroidissement intense peut toucher et détruire la majorité des niches
écologiques.
* un événement
extraterrestre comme la chute d'un astéroïde (nous y reviendrons à propos de l'extinction K-T (2.e) ou l'entrée du système solaire dans une zone de l'espace
riche en matière interstellaire, hypothèse parfois évoquée mais jamais démontrée.
b. causes
biologiques : on sait qu'un écosystème est fragile puisqu'il est la résultante d'un équilibre délicat entre les différents protagonistes de la chaîne
alimentaire mais il reste assez difficile d'apprécier la conséquence de la disparition d'une seule espèce. Certains auteurs pensent qu'elle peut affecter l'ensemble des autres acteurs entraînant,
selon la théorie des dominos, l'ensemble du système. En pareil cas, un événement finalement mineur peut être responsable de la catastrophe.
A l'inverse,
d'autres scientifiques avancent que les espèces coexistent ensemble par hasard et que la disparition d'une seule espèce est vite comblée par les autres qui repeuplent rapidement la niche
écologique laissée vacante. On comprend donc que cette approche nécessite, pour expliquer une extinction massive, la disparition en même temps de plusieurs espèces non apparentées et l'événement
causal est forcément exceptionnel et majeur. Les travaux actuels semblent plutôt donner raison à cette vision globaliste.
Cas particulier de l'extinction « crétacé-tertiaire »
C'est, nous l'avons déjà dit, l'extinction qui a fait disparaître les grands sauriens, permettant dans le même temps
l'émergence des mammifères et donc de l'Homme. De nombreuses hypothèses ont été avancées : par exemple, la compétition entre les espèces vivantes (notamment la destruction des œufs de sauriens par les
mammifères), l'apparition des plantes à fleurs contenant des substances toxiques pour les
dinosaures, une épidémie fulgurante ou une élévation de la
température qui aurait rendu ces derniers stériles. Mais, comme toujours en science, trop de coupables potentiels, trop de spéculations parfois
antagonistes masquent surtout le fait que nous restons dans l'incertitude.
Une théorie déjà plus réaliste concerne d'énormes éruptions volcaniques ayant eu lieu dans le
Deccan (Inde) sur une durée estimée à un demi-million d'années : des couches de lave gigantesques ont été retrouvées
dans cette région (Trapps du Deccan) pouvant atteindre jusqu'à deux kilomètres et demi d'épaisseur de basalte pour une surface de 500 000 km² (et probablement une surface d'origine trois fois
supérieure). Comme pour les trapps de Sibérie, au permien, il est évident que les quantités de poussières, de cendres et de gaz carbonique rejetées ont dû avoir un effet très défavorable sur les
écosystèmes.
Malgré tout, rien n'était réellement convaincant jusqu'à ce que des scientifiques,
Walter et Alvarez père et fils,
aient avancé quelque chose de plus
crédible : la chute d'un astéroïde. Ils ont, en effet, étudié les schistes contenant les couches correspondant à
la limite K-T. Grosse surprise : ces strates contiennent toutes de l'iridium, un élément rare sur Terre mais
volontiers
présent
dans les matériaux extra-terrestres. Il n'en fallait pas plus pour avancer que la chute d'une énorme météorite était la coupable... Dans un second temps, venant à l'appui des dires des trois
scientifiques, un cratère fut mis à jour, à Chicxulub, au nord de la péninsule du Yucatan (Mexique).
Selon divers scientifiques ce cratère aurait été provoqué par la chute d'une météorite de près de 10 kilomètres de diamètre qui se serait abattue sur la Terre il y a environ 65 millions d'années,
c'est-à-dire à la fin du Crétacé (voir l'article la disparition des grands sauriens). L'impact de cette masse gigantesque, outre le raz-de-marée initial, aurait
conduit à la projection dans l'atmosphère d'une énorme quantité de poussières et de cendres voilant la lumière du Soleil durant peut-être plusieurs années, avec les conséquences que l'on imagine
: la disparition des dinosaures devenus incapables de trouver leur importante nourriture journalière et du plancton dépendant de la photosynthèse (et, par voie de conséquence, d'une partie de la
faune marine).
En revanche, les
graines et spores des plantes à fleurs auraient pu attendre le retour à la normale de même que certaines espèces comme les mammifères, à l'époque de très petite taille et plutôt du genre fouisseur. La théorie est séduisante – il y a
certainement eu chute d'une grosse météorite et les dates concordent à peu près - mais explique-t-elle pour autant l'extinction de masse ? On en discute encore.
Réalité des extinctions de masse
Elles ont eu lieu, c'est un fait acquis mais leurs causes sont plus sujettes à caution et, osons-le dire, nous ne sommes
vraiment sûrs de rien. Cela provient vraisemblablement du fait qu'il nous est impossible de préciser, à partir d'archives fossiles souvent incomplètes, l'équilibre d'un écosystème sur quelques
milliers ou même quelques millions d'années : si nous y arrivions (et ce sera peut-être le cas un jour), nous pourrions affirmer la disparition d'un ensemble d'espèces en quelques jours
(météorite) ou sur plusieurs centaines de milliers d'années (trapps ou la conjonction de la chute d'une météorite et d'un volcanisme intense).
Il y a autre chose : on a jusqu'à présent évoqué les 5 grandes extinctions mais les archives fossiles nous apprennent
qu'il y en a eu d'autres, quoique de bien moindre importance. Certains chercheurs ont même avancé une date de périodicité : tous les 26 millions d'années. D'où viendrait une telle périodicité ?
Un mouvement cyclique du globe terrestre ? Quelque chose en rapport avec le Soleil ? Ou avec le déplacement du système solaire dans l'espace intergalactique ? Le mystère reste
entier.
Peut-il y en avoir d'autres extinctions ?
A l'évidence, ce qui s'est déjà produit peut se reproduire : on peut même se demander si nous ne sommes pas en train de
vivre la 6ème grande extinction de masse avec les transformations que font subir les hommes à notre pauvre planète. Depuis que les humains ont
pris le dessus sur le monde dans lequel nous vivons – et singulièrement depuis l'ère industrielle – le processus de disparition de bien des espèces animales et/ou végétales s'accélère. Les média
ne cessent de nous rappeler le délétère effet de serre qui nous menace dès les prochaines décennies.
Mais, même sans
attendre le désastre annoncé, il y a bien d'autres sujets de préoccupation : la surpopulation des humains qui s'entassent de plus en plus dans des mégalopoles difficilement contrôlables, le recul
des terres boisées au profit de surfaces cultivées qui restreignent d'autant le territoire des animaux, la désertification induite par des techniques de culture inappropriées, le bétonnage
touristico-économique des plus beaux endroits de nos côtes (et pas seulement !), la pollution des eaux douces et la destruction progressive du milieu océanique naturel, le saccage de territoires
entiers pour prospecter les énergies fossiles, etc. J'en passe et des pires. Or, rappelons-nous ce fait inquiétant : pour l'Homme, nous évoquons une action qui se calcule au mieux en centaines
d'années.
Les extinctions
précédentes portent sur des durées bien plus longues : de là à prédire que nous courons vers la catastrophe, il n'y a qu'un pas qu'il semble aisé de franchir. Certes, l'Homme, par son
intelligence, est conscient (?) du problème et peut éventuellement proposer des solutions. Mais la Nature, indifférente, ne se laissera sans doute pas aussi facilement dominer. L'avenir de la
Terre ne sera pas non plus un long fleuve tranquille.
Glossaire
* trapps : coulées de lave en escalier dont les « marches
» (plateaux de basalte) peuvent être aussi hautes que des falaises. Les trapps de Sibérie sont souvent incriminés dans la survenue de l'extinction du permien tandis que ceux du Deccan, en Inde,
sont suspectés dans l'extinction K-T (et donc des dinosaures) vers – 65 millions d'années. La théorie la plus courante concernant l'origine de ces derniers trapps les associe à un point chaud du
manteau terrestre que l'on connaît sous le nom de point chaud de la Réunion.
Images
1. les différentes ères
géologiques
2. les extinctions de masse (sources : www.mnhn.fr/)
3. la carte de la Terre au trias (sources : www.dinosaures-web.com/)
4. trapps de Sibérie (sources : jcboulay.free.fr/)
5. carte de l'impact du météorite de
Chicxulub (sources : www.mnhn.fr/)
(Pour lire les légendes des illustrations, passer
le pointeur de la souris dessus)
Brêve : la crise du Permien n'a
pas été si soudaine
L'extinction massive qui a eu lieu à la fin du Permien, il y a 250 millions d'années, se
serait déroulée en plusieurs étapes sur les continents. Telle est la conclusion à laquelle est parvenu Robert Gastaldo (Colby College, USA). Jusqu'à présent, cet épisode caractérisé par la
disparition d'environ 90% des espèces marines et 70% des espèces terrestres, était repéré sur le sol par une couche de sédiments appelée "zone morte". Celle-ci, bien visible dans le basin de
Karoo en Afrique du Sud, marque une limite franche entre une zone riche en fossiles et une autre où ils sont absents. Mais l'étude approfondie réalisée par le géologue américain montre que
cette couche n'est pas isochronique, c'est-à-dire qu'elle correspondrait en fait à plusieurs événements distincts. Déterminer la chronologie exacte des phases de l'extinction permettrait de
trancher parmi les multiples hypothèses envisagées pour expliquer cette crise biologique majeure...
(Science & Vie, n° 1100, mai 2009)
Mots-clés : espèce - taxon -
ordovicien - cambrien - dévonien - permien - Pangée - trias - nautiles - ammonites - limite K/T
- trapps de Sibérie - trapps du Deccan - Walter Alvarez - iridium -
Chicxulub
(les mots en blanc renvoient à des sites d'informations complémentaires)
Mise à jour : 15 juillet 2009
Donc jamais on ne sera toucher de plein fouet par les rayons solaires létaux. Certes à cause des perturbations, certains passeront, mais ça ne sera pas les micro-ondes et autres rayons au-delà de l'U.V.. Et aux endroits où ils passeront cela provoquera pas mal de mort par cancer, brûlure, mutation, tout cela étant favorable à l'évolution. D'autres phénomènes sont plus à craindre pour notre survie et celle de notre planète.
(Cepheides: j'avais une question pour toi : pourrais-tu me donner, selon toi les moteurs de l'évolution) Cette question est pour moi source de nombreuses réflexions.
Bonjour et merci pour ton intervention. Concernant l'inversion du bouclier magnétique, il existe, semble-t-il, un intervalle de quelques siècles (3 ou 4 si j'ai bien lu ce que disent les spécialistes) où le pôle magnétique sera transféré approximativement vers l'équateur, les deux champs contraires s'annulant en quelque sorte. C'est à ce moment que le risque pour les êtres vivants peut être maximal avec nombre de rayonnements qui ne seront plus stoppés d'où les éventuels dégâts mutagènes sur la faune et la flore du globe. Lorsqu'on sait la rapidité avec laquelle les perturbations apparaissent, ce laps de temps est largement suffisant pour modifier bien des choses...
Ton autre interrogation concerne l'évolution et ses grands principes. J'ai longuement développé ces mécanismes dans d'autres articles du blog mais on peut succinctement retenir ceci : la transmission des caractères est d'ordre génétique et (quasi) immuable : soit directement d'un individu à l'autre (reproduction non sexuée, par exemple parthénogénétique), soit par mélange d'un patrimoine génétique provenant des deux parents (reproduction sexuée). Dans tous les cas, la transmission est invariable. Sauf qu'il existe constamment des mutations dites naturelles dont la plupart sont neutres ou délétères (mais dans ce dernier cas le descendant ne peut survivre). Le deuxième point fondamental est ce que Darwin a appelé la sélection naturelle : dans un milieu donné, celui qui est le mieux adapté, le mieux armé, survit mieux que les autres et donne donc une plus importante descendance qui, à terme, finit par supplanter celle des individus moins bien adaptés au milieu. Lors d'un changement de milieu (par exemple une glaciation, un cataclysme naturel... ou le réchauffement de la planète), certaines mutations risquent de procurer un avantage sélectif aux individus porteurs qui, dès lors, deviennent mieux adaptés au milieu et survivent donc en plus grand nombre comme je l'expliquais plus haut. Ces mutations - comme les changements de milieu - sont le fait du hasard (une météorite géante, une inversion magnétique, etc.). On peut donc dire que l'évolution est une adaptation permanente qui avance sans but préétabli (d'où la colère de certains religieux mais les faits sont les faits !). Pour plus de renseignements, je me permets de te conseiller trois articles du blog qui se complètent sur cette question : 1. les mécanismes de l'évolution; 2. reproduction sexuée et sélection naturelle et 3. le schiste de Burgess. J'espère avoir répondu à tes questions. A bientôt, j'espère.
La sixième extinction est une réalité, on ne peut l'occulter, la différence avec le réchauffement climatique est la médiatisation. Le réchauffement climatique a été étudié massivement depuis la fin du vingtième siècle, tout comme la sixième extinction. Celle-ci est produite par l'homme comme le réchauffement climatique, ce dernier intervenant dans le premier. Il faut savoir qu'on perd entre 1000 (10^3) et 10000 (10^4) espèce par année le nombre d'espèces étant estimé entre 7 et 14 millions(10^6) (en général). Sur cent ans on aurait ainsi perdu entre 100000 (10^5) et un million (10^6) d'espèces. C'est énorme entre 10% et 14%, sur échelle géologiquement infime. Si on regarder les extinctions d'espèces majeur elles ont toutes prises bien plus de temps.
Parlons mtn de ces extinctions, il y a en 5 majeurs et une trentaine de mineures. Les causes sont variés car plusieurs phénomènes entre en jeu dans la dynamique de l'évolution. Effectivement une inversion des pôles entraine une perturbation du bouclier magnétique laissant passer des U.V. et autres rayons cancérigène qui cause des mutations. La fréquence de ce phénomène (d'après mes souvenirs...) est de 50 fois depuis le début des être vivants. Comment le sait-on? une modification du champs magnétiques ce marque dans certaines pierres volcaniques, ainsi il suffit de regarder combien de fois elle ce marque sur une couche géologique pour en déterminer approximativement la fréquence.
Le réchauffement climatique naturel est causé principalement par les trapps qui sont souvent lié à des extinctions (voir le site : l'université de tout les savoirs). Ces évènements volcanique cataclysmique rejettent énormément de gaz à effet de serre, qui entraine une machine fort complexe dont nous découvrons ajd les rouages.
La séléction naturelle joue elle aussi son rôle. Les virus et bactéries ne sont pas à oublier. Peut-être pas comme agent pathogène mais comme pouvant modifié l'adn d'une personne.
Quantités d'autres phénomènes qui me sont inconnus doivent entrer en ligne de compte (je suis preneur de toutes nouvelles explications).
A savoir comment survivra notre belle planète bleu demain, boh l'évolution est un comme un ruisseau qui ne se tari jamais. Il trouvera toujours un chemin pour avancé, parfois en ce réduisant, en s'allongeant. La question est plutôt de savoir, es que l'homme y survivra.
( P.S. désolé pour les millions de fautes d'orthographe ..., j'y travaille promis :D)
Tout d'abord un grand merci pour avoir donné votre avis sur cette importante question. Je ne suis pas loin de penser comme vous : la 6éme extinction de masse a certainement débuté depuis quelques décennies et elle est incontestablement à mettre au compte de l'Homme et de son exploitation forcenée de la planète. Jusqu'où se poursuivra-t-elle ? Nul ne peut réellement le dire mais une chose est sûre : si nous ne faisons rien pour contrôler les appétits des uns et des autres, il est clair qu'une catastrophe se prépare. Il va de soi qu'il vaut mieux prévenir que guérir (cette dernière option n'étant pas toujours possible) mais pour cela il faudrait une volonté politique - je dirais même un consensus - qui est loin d'être présente chez nos dirigeants, notamment industriels, de tous pays ( Je suis certain que la course aux profits de notre société marchande est un frein considérable à la mise en place d'une politique sérieuse : c'est à nos dirigeants, politiques cette fois, d'intervenir mais en ont-ils la volonté et même les moyens ?).
Le réchauffement climatique est également certain (et d'ailleurs grandement responsable de cet état de fait) mais la part de nuisance des activités humaines reste précisément à définir, de même que les capacités d'adaptation de la planète : on entend des sons de cloches finalement assez différents selon le degré de responsabilité de chacun. Tout cela me paraît très inquiétant et, comme vous, je m'interroge sur l'avenir de l'Homme, sur sa prolifération incontrôlée et, surtout, sur ses moyens de réviser son attitude suicidaire. Vous l'aurez donc compris : sans être désespéré, je ne suis guère optimiste...
Concernant le bouclier magnétique et les phénomènes d'inversion des pôles, comme je le disais précédemment dans un post, on reste quelque peu dans le flou : certains disent que nous sommes à l'extrême veille d'un tel phénomène (qui se compterait en années et non pas en décennies) tandis que d'autres haussent les épaules en criant au catastrophisme : qui croire ?
>
> Fidèle lectrice et abonnée à votre blog Céphéides, une question me
> taraude depuis un bon moment. On sait que les dinosaures ont
> probablement disparu suite à la chute de la météorite de Cixulub, il y a
> 65 milions d'années, mais on sait aussi qu'au cours de son histoire, la
> Terre a connu plusieurs inversion des pôles. On sait que ces inversions
> provoquent de graves perturbations du bouclier magnétique de la Terre,
> qui assure ordinairement sa protection contre les rayons cosmiques, or,
> lors de ces inversions, il y a une phase où la polarité de la planète
> est quasi-nulle, et donc, la protection du buclier magnétique
> inexistante ! De fait, il semble logique que les êtres vivants et les
> objets de la surface de la planète soient à ce moment-là bombardés de
> radiations, et que ces radiations entraînent soit des mutations
> génétiques, soit l'extinction d'une espèce donnée... Des travaux ont-ils
> été faits sur ces inversions des pôles et sur leur impact sur
> l'évolution de la vie terrestre ? Si oui, pourriez-vous nous donner
> quelques indications là-dessus ? A mon avis, ce facteur n'a pas été
> négligeable pour expliquer tous ces bouleversements que la vie a
> rencontrés au cours de son histoire, et comme votre blog parle autant
> d'astronomie que de paléontologie, voilà un sujet qui allierait les deux
> branches scientifiques dans une superbe synthèse ! Hubert Reeves a
> coutume de dire que nous sommes de "la poussière d'étoiles", mais nous
> pourrions aussi être le fruit des inversions des pôles ! Qu'en pensez-vous ?
> Huguette Bacqué, dite Tinky :-)
>
> PS Pourrais-je, le cas échéant, et en citant ma source, ce que je fais
> toujours, publier votre réponse et l'article éventuel que vous en
> tirerez sur mon propre blog à l'adresse suivante
> http://tinkyfurax.blogspot.com ?