Mardi 19 février 2008 2 19 /02 /Fév /2008 19:49

 

 

 

 

 

 

 

 

 Ame te souvient-il au fond du paradis,


De la gare d'Auteuil et des trains de jadis


T'amenant chaque jour venus de la Chapelle ?


Jadis déjà combien pourtant je me rappelle


soupire Verlaine dans un de ses plus beaux poèmes. Mais quelle est donc cette âme à laquelle se réfère le poète ? La mémoire ? l'esprit ? le cerveau ? Le poète ne semble pas, ici, donner au mot âme le sens religieux retenu le plus souvent. Alors qu'est-ce donc que l'âme et que nous dit le dictionnaire à ce sujet ?

 
     
« L'âme est le principe vital de toute entité douée de vie, pour autant que ce principe puisse être distingué de la vie-même, de même que son principe spirituel central, selon le principe de la trinité religieuse, (esprit, âme, corps), adoptée notamment par le Christianisme.
     Il provient du mot latin anima qui a donné « animé », « animation » ou « animal ».
     On la définit souvent comme la capacité à ressentir, à s'émouvoir, elle est alors une caractéristique propre à l'Homme, aussi peut-elle se personnifier en mythologie par Psyché, (gr: Ψυχή qui signifie souffle). Dans une acceptation large elle représente l'ensemble des fonctions psychiques soit la psyché.
     L'homme est porté à attribuer de préférence une âme à ce qui change et évolue avec une certaine autonomie, mais par extension, tout élément naturel, par exemple une montagne, peut être investi d'une sorte de conscience avec laquelle il est d'une façon ou d'une autre possible d'interagir . Ce comportement s'il est partagé par l'ensemble d'une culture s'appelle animisme. Dans ce paradigme, chaque entité est douée d'intentionnalité, ce qui donne lieu à l'émergence de rituels pour se concilier ses faveurs.
     La notion d'âme joue un grand rôle dans la croyance religieuse. Avec ce concept vitaliste, la mort devient moins mystérieuse : lorsqu'une personne meurt, son âme la quitte, raison pour laquelle elle devient inerte ; cette âme pourrait alors revenir sous forme de fantôme, ou bien aller vers un Au-delà (un paradis ou un enfer). Concentrant la fonction vitale essentielle, l'âme devient un espoir de vie éternelle de l'essentiel de la personne et rien ne s'oppose même à sa réincarnation.
     Ainsi chargée de toutes les vertus, l'âme est alors la face cachée de l'être ; elle devient le moteur de l'action humaine, la capacité à faire le bien et le mal. »
(in Wikipedia France).

 
     Comme beaucoup de notions un peu confuses, on voit que l'âme, selon celui qui utilise le mot, représente bien des concepts différents : quelles relations autres que lointaines existe-t-il entre l'âme du religieux, abstraction immatérielle quittant le corps de l'individu à sa mort, l'âme représentant l'ensemble des facultés psychiques... ou l'âme des poètes chère à Trenet ? Celle qui nous intéresse aujourd'hui sera l'acceptation généralement retenue quand on évoque le mot, à savoir l'entité intemporelle survivant à la mort de son détenteur.

 
     Beaucoup de nos contemporains, quelle que soit leur culture, croient à « l'âme », en ce sens qu'ils pensent que « quelque chose » subsiste de l'individu après sa disparition. C'est la raison pour laquelle bien des gens vont se recueillir sur la tombe d'un être cher, parmi lesquels un grand nombre – certainement bien plus qu'on le croit habituellement – « parlent » (parfois à voix haute) au disparu, racontent le devenir de leur existence, demandent des conseils... Mais à qui parlent-ils réellement ? Seulement à eux-mêmes ?

 

     L'âme, notion éminemment religieuse, relève du domaine culturel et son acceptation varie selon les âges et la géographie. Certaines civilisations prétendaient (prétendent ?) que l'âme ne peut habiter que l'être humain (excluant parfois même les femmes). Mais, si l'âme est le « reflet » d'un organisme vivant, pourquoi ne la réserver qu'à l'Homme ? Les animaux sont différents de l'Homme uniquement par la taille relative de leur cerveau et leurs moindres facultés cognitives ou, dit autrement, l'Homme est un animal dont les capacités intellectuelles sont peut-être les plus évoluées des habitants de notre planète mais – et cela fait l'objet d'un autre débat – probablement pas le mieux adapté, au sens de la théorie de l'évolution, à son univers. En conséquence, doit-on exclure les créatures non-humaines ? Et si nous reconnaissons à nos frères dits inférieurs cette faculté de posséder une âme, à quel stade de la Vie doit-on s'arrêter : les hominidés ? les mammifères ? les insectes ? les bactéries ? Quelques irréductibles affirment même que les âmes, immuables, se transmettent d'un individu qui meurt à un autre qui naît, sorte de ballet cosmique fixé à jamais. Quelles preuves ont-ils de cette affirmation à part leur propre conviction ? Et comment peuvent-ils s'arranger avec l'augmentation de la population mondiale passée en quelques siècles de quelques millions d'individus à 6 ou 7 milliards actuellement ? Les âmes se créent-elles à la demande ? On le voit, il existe autant d'interprétations que de systèmes philosophiques...

 
     Que nous dit alors la
biologie, une fois qu'a été écarté l'argument politiquement correct qui consiste à avancer que « la science n'est pas concernée par les religions et qu'elle ne peut donner son avis sur des sujets qui relèvent du « domaine privé » ? Eh bien, elle nous rappelle qu'elle est la science du vivant et, à ce titre, comme toutes les sciences, elle nous apprend que rien ne semble échapper à la matière. Chaque événement de l'Univers, à quelque échelle qu'il se produise, relève de la matière : du photon lumineux à la plus gigantesque des galaxies. Nous ne savons pas encore complètement interpréter les lois de l'infiniment petit (physique quantique, voir article) et celles de l'univers observable (relativité générale, voir article) - et surtout les faire harmonieusement cohabiter - mais une chose est certaine : les interactions existent et, pour cela, elles s'appuient forcément sur des éléments matériels, même si la nature de cette matière nous est encore inconnue (je pense, par exemple, à la « matière noire » qui représente une bonne partie de l'Univers et dont nous ne savons rien puisque nous ne faisons que supposer son existence). Donc rien n'échappe à la matière, vraiment ?

 
     On s'accorde généralement pour dire que l'âme est propre à un individu et qu'elle ne peut exister qu'avec lui. En d'autres termes, elle ne lui préexiste pas. Revenons donc sur l'apparition individuelle de l'être humain et, plus précisément, sur la naissance de la première cellule de ce qui sera un être vivant indépendant.

 

 

       
  la reproduction sexuée et la méiose

 

    La méiose est la division cellulaire permettant d'aboutir aux cellules sexuelles (gamètes) qui contiennent (spermatozoïdes ou ovules) un nombre meiose2.gif de chromosomes divisé par deux chez les espèces dites haploïdes comme l'Homme. C'est pour cela que, après la fusion des gamètes parentales lors de la fécondation, on retrouvera le nombre normal de chromosomes dans chaque cellule du futur individu. Par exemple, chez l'Homme dont chaque cellule possède normalement 46 chromosomes, les gamètes n'en contiennent que 23 ce qui permet, par la fécondation, d'obtenir à nouveau des cellules à 46 chromosomes, la moitié provenant du père, l'autre moitié de la mère. C'est un des moyens (il y en a d'autres) que l'Evolution a sélectionné chez nombre d'espèces pour permettre un bon brassage chromosomique : les anomalies susceptibles d'être défavorables pour l'espèce ont ainsi bien moins de chances d'apparaître.

     Mais ce qui nous intéresse surtout ici, c'est de bien comprendre que, avant la fusion des gamètes, l'individu n'existe pas encore : son « âme » à ce stade est forcément absente. Quand apparaît-elle ? Mystère. Selon les avis des uns et des autres (et selon leurs croyances religieuses), cela varie. Certains affirment que dès la fécondation, alors que l'embryon n'en est encore qu'au stade de quelques cellules, l'âme est déjà présente. D'autres qu'il faut attendre l'organisation plus générale de cet embryon (vers quelques semaines) pour la voir apparaître. D'autres encore soutiennent que seul le fœtus vers le troisième mois peut y prétendre alors qu'ailleurs on ne parlera de l'âme qu'avec l'apparition de la « conscience », témoin d'un système nerveux fonctionnel. On s'y perd. La biologie, quant à elle, ne répond pas... parce que c'est une discipline scientifique qui ne parle que de ce qu'elle constate, de ce qu'elle voit, de ce qu'elle peut expliquer. Mais comment pourrait-on expliquer ou voir les mécanismes aboutissant à l'âme ?

 


 
       
  la science avance

  
     Les progrès de la biologie ont été considérables ces dernières décennies (au point, on le sait bien, qu'elle pose à présent de réels problèmes éthiques). On dit parfois que ces 40 dernières années, on a découvert 90% de la biologie moderne... Et, de fait, je me souviens que, jeune étudiant, j'avais en tête tant de questions sans l'ombre d'une réponse : par exemple, je n'arrivais pas à comprendre comment, à partir de deux cellules souches apparemment indifférenciées, leur multiplication aboutit à des cellules hyperspécialisées. A présent, je sais que les gènes – et les enzymes qui leur sont attachés – de chaque chromosome, par des mécanismes de répression ou au contraire d'amplification, permettent la naissance de cellules osseuses, pancréatiques, etc. selon un ordre parfaitement établi et immuable (hors mutations ou anomalies).

     Je me posais aussi la question du fonctionnement de notre cerveau : comment pouvons-nous avoir des pensées (et quelle est leur nature : immatérielle ?) et selon quels schémas fonctionnels apparaissent nos émotions, comment sont stockées les informations de notre mémoire, etc. Aujourd'hui, et bien que nous soyons encore loin de tout comprendre, nous savons un peu mieux comment fonctionnent nos neurones, quelles catécholamines cérébrales permettent leurs interactions et le stockage des données, comment circule l'influx nerveux qui réunit tel groupe de cellules nerveuses et donc tels souvenirs ou comportements. Nous commençons à savoir quelles parties du cerveau interviennent dans nos émotions, dans les différentes strates de la mémoire, etc. Il reste beaucoup à apprendre mais nous progressons... Pourtant, en dépit de ces avancées considérables, à aucun moment, ni de près, ni de loin, nous n'avons approché de « l'âme » : tout est dans la matière et dans les atomes du vivant mais pas l'âme, évidemment !

 


 
         
la mort

 
     L'âme, on l'a déjà dit, survivrait (c'est d'ailleurs sa caractéristique principale) à la mort de l'individu qui en était doté. Définissons d'abord ce qu'est la mort et
pour cela reportons-nous au dictionnaire : en biologie, la mort d'un être vivant est l'arrêt irréversible des fonctions vitales : assimilation de nutriments, respiration, fonctionnement du système nerveux central. On la distingue d'un arrêt temporaire (hibernation, congélation). Elle est suivie de la décomposition de l'organisme mort sous l'action de bactéries ou de nécrophages. Dans la plupart des spiritualités, la mort du corps est distinguée de la mort de l'esprit ou du moins n'est pas considérée comme une mort totale de l'individu. En particulier, du point de vue de certains ésotérismes, la mort du corps physique est due au détachement total du corps éthérique de celui-ci. La mort peut être vue comme la fin de la vie par opposition à la naissance, ou comme l'absence de vie. Dans le premier cas, le fait que le cœur puisse arrêter de battre pendant un moment avant d'être réanimé pose la question de la limite, ou de la transition entre vie et mort.

 
     Selon l'organisation mondiale de la santé animale, la mort désigne la disparition irréversible de l'activité cérébrale mise en évidence par la perte des réflexes du tronc cérébral. (in Wikipedia France).

 
     En résumé, pour tous ceux qui croient à la réalité des âmes, la mort ne serait, somme toute, jamais définitive puisqu'il survivrait au corps (et surtout au cerveau, centre de l'activité psychique) un paramètre spécial, une entité immatérielle, l'âme. Sur quels arguments peut-on fonder une telle affirmation ? Sur rien de scientifique à l'évidence : on n'a jamais observé la moindre activité, de quelque ordre que ce soit, après la mort d'un individu (à moins de croire aux fantômes...). D'aucuns prétendent « communiquer » avec les morts mais aucune expérimentation à caractère scientifique n'a jamais pu apporter la preuve de cette faculté et, bien souvent, on se trouve alors confronté au charlatanisme simple. Cette âme éthérée en laquelle certains croient si fort relève de la foi, c'est-à dire d'une conviction souvent si solide qu'elle en est incritiquable mais nous nous trouvons alors bien loin de la science...

 

 

         
qui a besoin de la notion d'âme ?

 
     Tous ceux qui ne peuvent se résoudre à ce que la Vie disparaisse avec le corps de l'individu, plus encore s'il s'agit d'un être cher. Il s'agit là d'un souci parfaitement louable mais qui ne s'appuie que sur une intime conviction jamais étayée par le moindre fait tangible. Il est vrai qu'il est difficile de se dire que rien ne subsiste de ce qui fut un être si spécial une fois la mort venue : ses joies et ses peines, ses expériences souvent si personnelles, l'amour des autres, les souvenirs partagés, etc. bref tout ce qui représenta une personnalité attachante. Plus encore, il peut être vécu comme particulièrement désespérant de comprendre que rien ne restera de ce que nous sommes : mourir, c'est tout perdre, a-t-on dit... Rien ne resterait ? Si : notre image dans les esprits de ceux qui nous connaissent, même si cela aussi n'a qu'un temps.

 
     Mon opinion personnelle – mais elle n'engage que moi – est que l'âme (quelle que soit la définition qu'on en a) n'existe pas : il s'agit d'une construction théorique, rassurante comme le sont, par exemple, les constellations dans le ciel qui ne représentent rien de plus qu'une vue de l'esprit humain sans caractère scientifique (voir le sujet  
astronomie et astrologie). Cette notion d'âme si apaisante, presque indispensable pour certains, je ne l'ai jamais rencontrée dans le monde réel, dans ce monde qui est le nôtre et dans lequel nous vivons : je n'arrive décidément pas à y croire. J'en ai parfois le regret mais ma conviction est établie. C'est la raison pour laquelle je ferai, ici et maintenant, tout ce qu'il m'est possible de faire pour alléger la souffrance de mes contemporains, pour comprendre leurs motivations, l'origine de certains de leurs gestes, pour partager leurs angoisses ou leurs moments de joie. Concernant les morts, et sauf le respect légitime que l'on doit au souvenir de certains d'entre eux, il est trop tard.

 


Images

 

1. Verlaine et Raimbaud (sources : www.lepoint.fr)

2. singe bonobo = une âme ?
     
Bipède possédant deux yeux frontaux, des mains préhensibles composées de cinq doigts, capable d'utiliser des outils, de rire, de développer des relations sociales complexes, ayant conscience de lui-même et possédant une culture... Il ne s'agit pas de la définition de l'homme mais des hominidés. Car, ce patrimoine, nous le partageons avec les grands singes (Science & Vie, 1079, août 2007)

3. la méïose (sources : www.biomultimedia.net)

4. la mort (sources : www.wikio.fr)

(Pour lire les légendes des illustrations, passer le pointeur de la souris dessus)


 

 

Mots-clés : Paul Verlaine - théorie de l'évolution - biologie - physique quantique - théorie de la relativité générale - matière noire - reproduction sexuée - méïose - définition de la mort - astrologie

(les mots en blanc renvoient à des sites d'informations complémentaires)

 

 

 

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Mise à jour : 21 juillet 2009

Par cepheides - Publié dans : biologie
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Commentaires

incroyable la ressemblance entre ce singe et l'homme , et a lire la deffinition , qui devinerais qu'il sagit d'un singe et non d'un humain ? on parlais d'ame ? qu'elle ame peu tuer s'est etre pour leur peau , ou autre partie de leurs corp , sans qu'il soit ronger par le remor toute leurs vie ? j'appelle ca des monstres , je ne suis nulement un exemple de comportement ni un etre parfait mais reconnaisson que ces gens sont pitoyable , et certainement idiot !
Commentaire n°1 posté par emo-bear le 03/04/2008 à 13h06
Excellent article. Continuez !
Commentaire n°2 posté par phil001 le 20/02/2008 à 09h01
Posté le lundi 18 février 2008 20:09 Bonjour Didi et merci pour ta longue et intéressante intervention. Dans la première partie de ce que tu expliques (le chien qui apprend à différer ses besoins), il me semble que tu fais allusion à ce que les éthologues appellent le conditionnement, conditionnement qui existe également chez l'Homme : je pense, par exemple, au conditionnement social (entre autres) qui nous permet de nous insérer convenablement dans une société, et donc d'être "supportable" par les autres (l'inverse étant, bien entendu, tout aussi vrai). Sais-tu qu'il s'agit là d'un item extrêmement fort : dans la maladie d'Alzheimer, lorsque le sujet a tout perdu et cela jusqu'à son identité propre, il lui reste encore des automatismes sociaux qui lui permettent de répondre à des sollicitations d'ordre social du type "Comment allez-vous" et il répond "très bien et vous" alors qu'il est par ailleurs incapable de verbaliser la moindre de ses actions... Ce que tu évoques ensuite relève de l'esprit - et donc de l'intelligence - humain qui nous permet effectivement d'entrevoir autre chose que la seule action immédiate, l'animalité si tu préfères. C'est ainsi que cette accession à la conscience nous sert à nous situer dans le monde, à nous permettre d'abstraire, de penser, de raisonner. Jusqu'à quel niveau existe-t-il ici une "liberté" ? C'est ce dont discutent les philosophes depuis des siècles. Nous sommes toutefois loin de la notion d'âme qui, dans le sujet du blog et je l'ai bien précisé, ne saurait se confondre avec l'esprit, la conscience, etc. J'évoquais plutôt l'âme en tant qu'élément survivant à l'homme - et donc extérieur à lui - comme on le décline dans les religions. Croire que "quelque chose" d'immatériel nous représentant puisse survivre à la disparition de la matière qui nous compose (y compris à notre cerveau et à son fonctionnement) relève certainement de la foi : nous sommes alors loin de la biologie et de l'observation du vivant telle qu'elle nous est accessible...
Commentaire n°3 posté par cepheides le 19/02/2008 à 20h07
Posté le dimanche 17 février 2008 20:07 Salut "cepheides", très interressant et je voudrais réagir. On a aussi tendance a dire que l'âme est un synonyme de morale dans le sens où seulement les hommes font la distinction du bien et du mal. Mais quand on regarde l'animal on a l'impression qu'il agit comme par devoir; par exemple un chien ne va pas jusqu'à se poser des questions consciemment mais il va quand même obéir à une sorte de mécanique du devoir (pour un chien bien dressé on lui dit assis, il s'assoit, mieux encore, le maître n'est pas chez lui et le chien, qui est resté à la maison tout seul, sent que malgrés qu'il ait l'envie de faire ses besoins il doit attendre le retour du maître). Ainsi ce que l'homme appelle bien ou mal ne serait en fait qu'une réponse à un ordre que l'on recoit. Pourtant d'où viennent les ordres que se donnent les hommes? Ces ordres viennent du fait que nous avons une conscience et que nous arrivons à se détacher d'une nature complétement animale pour pouvoir exercer notre jugement. Mais ce jugement peut être a son tour déterminé par la mémoire, ect... Dans ce cas la conscience n'est que réactions, en d'autres termes elle est animale. Mais le progrès de l'homme est le résultat de consciences qui étaient intriguées de choses qu'elles ne comprennaient pas et qu'elles voulaientt s'expliquer et expliquer aux autres: c'est la naissance des disciplines telles que la philosophie ou les sciences. Mais reposons la question, pourquoi une âme? Je commencerais par dire que dans toutes actions animales et raisonnées sont le fruit de ce que l'on pourrait appeler des postulats d'idées (pour agir on postule une idée, un but) mais aussi des postulats psychiques, postulats mémoriels, etc... Ce qui veut dire que l'homme réagit toujours à quelque chose, d'ailleurs "la conscience est toujours conscience de quelque chose". Et c'est là où l'on voit que l'homme peut atteindre une dimension plus grande en postulant sa liberté. Car ce n'est que en se disant libre qu'il peut déterminer ce qui lui semble bon. Comment axer sa liberté d'une bonne manière? Par la morale peut-être? Ainsi l'homme n'a plus besoins de preuves scientifiques puisque la morale n'est pas scientifique. La croyance en l'âme et d'une morale transcendantale semble justifiée. Je voudrais finir en citant un paragraphe d'une oeuvre de John C. Eccles (prix nobel de medecine) "Evolution du cerveau et création de la conscience": "Les problèmes liés à l'unicité ressentie par chaque "moi" ont été négligés par la philosophie contemporaine. On peut supposer que cela est dû au materialisme ambiant qui ne veut pas voir les problèmes fondamentaux que pose l'expérience spirituelle. Je me concentrerai sur l'évenement le plus extraordinaire dans le champ de notre experience, à savoir l'avenement de chacun de nous en tant qu'être autoconscient unique. C'est un miracle à tout jamais au-delà des possibilités d'edxplication de la science." On pourrait rajouter cette phrase de David Lack tiré du livre "Evolutionary Theory and Chruistian Belief" (1961): "La science n'a pas pu expliquer la moralité, la vérité, la beauté, la responsabilité individuelle ou la conscience de soi... Autrement dit une partie de l'expérience humaine échappe à la science." En tout cas tout cela est très interressant.
Commentaire n°4 posté par didi le 19/02/2008 à 20h06
Posté le samedi 16 février 2008 21:02 bsr! j'ai aimé votre blog..si vous voulé nous rendre visite sur le forum pour discutions /topic vs etes le bienvenu :) under.fssm.xooit.fr c un nouvo forum
Commentaire n°5 posté par anabolik le 19/02/2008 à 20h04
Posté le jeudi 09 août 2007 13:44 L'énergie vitale... Un peu à la manière de "l'élan vital" de Bergson, j'imagine. Tu ne nous dis pas si tu penses que cette énergie vitale est totalement liée au corps (il s'agit alors d'une composante matérielle encore inidentifiée) ou bien si elle subsiste après la mort (et, là, on se retrouve face à une définition de l'âme). Concernant les bonzes asiatiques, il est vrai que certains arrivent à contrôler (au moins en partie) leurs corps : par exemple, on dit que certains peuvent ralentir volontairement leur rythme cardiaque. Je pense qu'il s'agit là de l'intervention du SNC ( sous le contrôle volontaire du cerveau) sur le système nerveux autonome (les intrications de ces deux systèmes nerveux sont finalement assez peu connues). En pareil cas, on a certainement affaire à la désafférentation de certains circuits nerveux expliquant, par exemple, la résistance à la douleur. C'est probablement ce qui permet aux "marcheurs sur le feu" de la Réunion ou de Polynésie, sous l'emprise d'une forte émotion, de ne pas sembler souffrir de leur exercice, ni même d'en avoir de gros stigmates physiques. D'une manière plus générale, dans les comas, il existe certainement une séparation plus ou moins complète entre le cerveau et les nerfs périphériques expliquant le coma vigile, le coma profond, etc. Je suis bien d'accord avec toi : la conscience, ce sont les neurones dont l'entrelacement des milliards de synapses (et le passage de l'influx nerveux dans des circuits dédiés) permet l'accès aux données stockées, puis leur utilisation de manière plus ou moins consciente.
Commentaire n°6 posté par cepheides le 19/02/2008 à 20h03
Posté le jeudi 09 août 2007 13:02 L'âme pour moi , c'est l'énergie vitale du corps... On sait en effet que certaines médecines asiatiques utilisent certaines techniques qui mettent en exergue cette énergie. Par ailleurs, je me souviens de ces moines asiatiques qui peuvent concentrer l'énergie qu'ils ont dans une partie de leur corps et d'autres qui peuvent se faire transpersser sans rien avoir... Ca m'a toujours intrigué... Par ailleur je pense qu'âme et conscience sont souvent confondus, certains évoquent même l'âme comme une sorte de substance qui est difuse dans notre corps... c'est pourquoi je la définirais comme l'énergie interne. En ce qui concerne la conscience, je suis quelqu'un qui pense qu'elle est liée aux neurones ! La conscience, c'est les neurones ! Les preuves sur lesquelles je me base ? Les états végétatifs chroniques suite à un coma métabolique qui ont détruit la plupart de leurs neurones, on voit aisément qu'ils ne peuvent plus être conscient, on met des électrodes sur leur peau et on se rend compte qu'il n'y a plus de réaction lorsqu'il voit quelqu'un de familier. Par ailleurs, le problème est qu'on ne sera jamais prouvé cela , car on ne saura jamais se mettre à la place de quelqu'un pour savoir si il est conscient. Comme dirait Thomas Nagel, on a beau étudier les neurones d'une chauffe souris, on ne saura jamais ce que cela fait d'être une chauffe souris
Commentaire n°7 posté par médecin le 19/02/2008 à 20h01

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